La télésanté continue de prendre de l’essor pour améliorer l’accès à des services de qualité partout au Québec. Retour sur l’expérience d’une équipe de la Direction des programmes en déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique (DI-TSA-DP) de Santé Québec Bas-Saint-Laurent.
Répondre aux besoins autrement
Offrir des services spécialisés sur un vaste territoire représente un défi constant. Certaines équipes doivent composer avec un nombre limité de professionnels de la santé et de longues distances entre les points de service. Dans ce contexte, l’absence prolongée d’une physiothérapeute jeunesse a amené une équipe du Bas-Saint-Laurent à revoir ses façons de faire.
Plutôt que d’interrompre les services, l’équipe a choisi de miser sur la télépratique. Cette solution a permis à une physiothérapeute d’offrir du soutien à distance, tout en maintenant une présence clinique auprès des enfants grâce aux autres professionnels de l’équipe.
La télépratique, qu’est-ce que c’est?
Le terme « télépratique » est souvent employé par les intervenants et professionnels de la santé pour désigner l’exercice d’une profession à distance au moyen des technologies de l’information et des communications. Il met l’accent sur la pratique professionnelle, tandis que le terme « télésanté » englobe l’ensemble des services et activités de santé réalisés à distance.
La télépratique en réadaptation : l’expertise à distance
Le modèle développé repose sur une approche hybride : Une physiothérapeute est connectée à distance par appel vidéo, alors qu’une collègue ergothérapeute est présente auprès de l’enfant et de sa famille. La physiothérapeute observe la séance en temps réel et demande à sa collègue d’effectuer certaines manipulations et observations.
Cette approche permet aux patients d’avoir accès à une expertise spécialisée, même lorsqu’elle n’est pas disponible dans leur milieu de soins. Elle facilite la collaboration entre les intervenants, assure un meilleur suivi et réduit les déplacements. Selon les besoins, le suivi à distance peut prendre différentes formes :
- des rencontres de suivi par vidéo;
- des évaluations et observations réalisées à distance;
- de l’accompagnement et du soutien entre intervenants.
Des conditions gagnantes à réunir
Malgré les défis, cette approche favorise une collaboration étroite entre plusieurs intervenants. Les éducatrices en réadaptation, les intervenants en intervention précoce, les ergothérapeutes, les infirmières en périnatalité et les auxiliaires de santé et services sociaux contribuent à la collecte d’informations et à l’observation de l’enfant.
Le développement des outils numériques au cours des dernières années a favorisé l’adoption de nouvelles pratiques. Toutefois, certaines limites demeurent présentes. L’accès inégal à Internet dans certaines communautés régionales peut compliquer les choses. De plus, il demeurera toujours des interventions qui doivent être réalisées en personne.
Une inspiration pour le réseau
L’expérience du Bas-Saint-Laurent montre qu’il est possible d’innover pour offrir des services accessibles, sécuritaires et adaptés aux réalités du réseau. Au Québec, de plus en plus d’équipes de soins font la démonstration qu’en combinant présence sur le terrain, interventions à distance et collaboration interdisciplinaire, il est possible de préserver l’accès aux services spécialisés.
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