La télédermatologie : quand une photo peut faire toute la différence

18 juin 2026
Par le Centre d’expertise du Réseau québécois de la télésanté
L'été est là. Avec lui, les longues journées au soleil, les terrasses, les vacances... et parfois, cette petite inquiétude qui s'installe : une tache qui est apparue, un grain de beauté qui a changé de forme ou de couleur. Puis on apprend qu'il faut parfois attendre 5 ou 6 mois pour voir un dermatologue…
Médecin prenant une photo d’une lésion cutanée de son patient.
Dre Marie-Andrée Savard, omnipraticienne, en consultation.

Une réponse en 7 jours!

La télédermatologie est une forme de consultation médicale à distance. Concrètement : votre médecin de famille prend des photos de la lésion qui vous préoccupe et les accompagne d’une description clinique. Il transmet le tout à un dermatologue via la Plateforme de soins virtuels (PSV), un outil en ligne de plus en plus utilisé au Québec. Le dermatologue à distance analyse la situation et répond, en moyenne en 7 jours.

Pas de déplacement. Pas de salle d’attente. Pas d’anxiété et de doutes pendant des mois.

Dans 85 % des cas, aucun suivi en personne avec le dermatologue n’est nécessaire. Les photos et les informations cliniques sont suffisantes pour poser une diagnostique de qualité. La situation est alors entièrement gérée par le médecin de famille qui applique le traitement recommandé par le spécialiste.

Pour le 15 % restant, un suivi en dermatologie en personne est indiqué. La télédermatologie accélère toutefois considérablement cette prise en charge. Dans les cas de cancers cutanés agressifs où chaque semaine compte, cela peut faire toute la différence.

Plus d’un million de jours d’attente épargnés

Depuis le lancement de ce service de télésanté en mars 2022, les résultats sont éloquents. En date de mai 2026, 42 890 requêtes ont été traitées. Parmi les patients ayant tout de même nécessité un suivi en présentiel (environ 9 000 personnes), l’évitement de l’attente initiale représente plus d’un million de jours d’attente épargnés.

En quatre ans, le programme a plus que doublé en volume. Et la plateforme est publique, donc sans frais pour les professionnels de la santé qui l’utilisent.

Ce que les médecins en disent

Pour Dre Cynthia Eid, dermatologue, la télédermatologie a une valeur qui va au-delà de la simple efficacité :

La télédermatologie nous permet de « faire du ménage » dans des listes d’attente parfois très longues. Elle offre au patient des réponses à leurs questionnements sans attendre un rendez-vous dans l’anxiété et sans se déplacer.

Elle y voit aussi une occasion unique de renforcer les compétences des médecins de première ligne :

Ma réponse fait « d’une pierre, deux coups » : j’oriente la conduite médicale pour le meilleur intérêt du patient. Je transmets également quelques outils au médecin traitant afin qu’il acquière davantage d’autonomie pour les prochaines fois. Communiquer par écrit permet de peaufiner nos réponses et de citer des références scientifiques. Ceci est en soi une forme d’enseignement.

Du côté de la médecine familiale, Dre Marie-Andrée Savard, omnipraticienne, souligne l’impact direct sur la qualité des soins :

La télédermatologie permet souvent d’initier un traitement plus rapidement, tout en réduisant le nombre de consultations en personne nécessaires. Je demeure convaincue qu’elle améliore l’accès aux soins dermatologiques et contribue à diminuer les délais pour de nombreux patients.

Bien sûr, tous les cas ne se prêtent pas à une consultation à distance. C’est le médecin de famille qui évalue si la télédermatologie est appropriée à la situation. Comme le rappelle Dre Eid : « L’examen physique en personne reste nécessaire pour plusieurs. »

Médecin prenant une photo d’une lésion cutanée de son patient.

Un outil qui prépare l’avenir

Au-delà des chiffres, la télédermatologie s’inscrit dans une transformation plus profonde du réseau de la santé et des services sociaux québécois. En familiarisant les équipes avec les outils numériques, elle contribue à préparer le terrain pour le Dossier de santé numérique (DSN) et une médecine de plus en plus connectée. Le tout au bénéfice de la population avec des services de qualité de plus en plus accessibles.